Tu es passé à PowerShell 7.6 LTS et tu as fait le ménage dans tes modules avec PSResourceGet ? Bonne nouvelle : l’équipe PowerShell vient de publier sa feuille de route détaillée pour la suite de 2026, et elle touche à peu près tout ce que tu utilises au quotidien — la console, la gestion des modules, la connexion à distance, et même l’intégration avec les assistants IA. Voici ce qui arrive, et pourquoi ça vaut le coup de t’y préparer dès maintenant.
PowerShell 7.7 : des irritants du quotidien enfin traités
Fini les profils et modules planqués dans OneDrive
Si tes utilisateurs synchronisent leur dossier Documents avec OneDrive ou un autre outil cloud, tu as sans doute déjà vu PowerShell ramer au démarrage : c’est là que sont stockés par défaut les modules utilisateur, les profils et l’aide. La relocalisation expérimentale du PSUserContentPath, attendue en preview, vise justement à sortir ce contenu du chemin de synchronisation cloud pour éviter cette dégradation de performance — un correctif attendu depuis longtemps par qui gère des postes en environnement d’entreprise.
Chargement de modules sans toucher au profil
Autre irritant pour qui distribue des outils PowerShell à une équipe : enregistrer un tab-completer ou un Feedback Provider oblige aujourd’hui à modifier le script de profil de chaque utilisateur. La fonctionnalité de chargement de module non basé sur le profil doit permettre d’enregistrer ces extensions sans toucher au profil — un vrai soulagement pour les développeurs d’outils internes qui n’ont plus à demander à chacun de coller une ligne dans son $PROFILE.
PSReadLine : de l’autocomplétion qui connaît le contexte
PSReadLine évolue vers une IntelliSense prédictive contextuelle, capable de tenir compte de l’état du répertoire courant — par exemple proposer des complétions différentes selon que tu es dans un dépôt Git ou non. En parallèle, un travail de fond découple la saisie clavier du rendu du terminal, ce qui ouvre la voie à de futures capacités sans dégrader la réactivité de la console.
Un serveur MCP pour connecter PowerShell aux assistants IA
Signe des temps : l’équipe développe un serveur Model Context Protocol (MCP) pour PowerShell, avec un premier axe de travail explicitement centré sur la sécurité. L’idée est de permettre à un assistant IA d’interagir avec ton environnement PowerShell de façon structurée et contrôlée, plutôt qu’en lui laissant exécuter des commandes en aveugle. On avait déjà vu Microsoft avancer sur ce terrain côté gouvernance des identités d’agents IA dans Entra ID : la sécurisation des interactions IA devient un fil rouge sur toute la pile Microsoft, pas seulement côté identité.
PSResourceGet : encore plus rapide, encore plus fiable
Après la bascule que tu as probablement déjà entamée depuis PowerShellGet, PSResourceGet continue d’évoluer : la migration complète vers le Microsoft Artifact Registry (MAR) comme dépôt de confiance par défaut se poursuit, avec en prime un support du téléchargement et de l’installation concurrents pour accélérer la récupération de plusieurs modules à la fois. L’objectif affiché reste la fiabilité et la scalabilité — utile si tu gères des pipelines CI/CD qui installent des dizaines de modules à chaque run.
Windows OpenSSH : l’authentification Entra ID à l’étude
Encore au stade d’exploration active, le support de l’authentification Microsoft Entra ID pour les connexions SSH sur Windows OpenSSH serait une avancée notable : plus besoin de gérer des paires de clés SSH en parallèle de ton infrastructure d’identité, avec la possibilité d’appliquer les mêmes politiques d’accès conditionnel qu’ailleurs dans ton tenant. C’est une piste à suivre plutôt qu’une fonctionnalité disponible aujourd’hui, mais elle s’inscrit dans une tendance de fond : faire d’Entra ID le point de contrôle unique, y compris pour l’administration à distance historiquement gérée par clés.
DSC v3 : la configuration as code passe un cap
Desired State Configuration continue sa transformation en plateforme multiplateforme indépendante de PowerShell. DSC v3.2 doit atteindre la disponibilité générale sur la première moitié de 2026, avec des premières préversions d’un adaptateur Python permettant de créer des ressources pour Linux — un signe clair que DSC ne se limite plus à l’écosystème Windows. Le développement de la version 3.3 doit suivre juste après.
Concrètement, DSC v3 fonctionne comme un outil autonome piloté en ligne de commande, avec des documents de configuration en YAML ou JSON :
# Vérifier l'état actuel par rapport à la configuration désirée
dsc config test --file ./serveur-web.config.dsc.yaml
# Appliquer la configuration désirée
dsc config set --file ./serveur-web.config.dsc.yaml
Tu peux toujours réutiliser tes ressources PowerShell DSC existantes, mais l’outil lui-même ne dépend plus de PowerShell pour fonctionner — un choix d’architecture qui facilite son adoption sur des machines Linux ou macOS. Toute la documentation de référence, y compris le détail des commandes dsc config et dsc resource, est disponible sur Microsoft Learn.
FAQ
Faut-il déjà migrer vers PowerShell 7.7 ?
Non, la plupart de ces fonctionnalités sont encore en développement ou en préversion : reste sur PowerShell 7.6 LTS pour tes environnements de production, et garde un œil sur les préversions 7.7 dans un environnement de test si tu veux anticiper les changements.
DSC v3 va-t-il remplacer complètement DSC 1.1 / PowerShell DSC 2.0 ?
À terme, c’est la direction prise par Microsoft, mais aucune date de fin de support n’a été annoncée pour les versions historiques. Si tu démarres un nouveau projet de configuration as code aujourd’hui, DSC v3 est le choix le plus pérenne.
Le serveur MCP PowerShell est-il déjà utilisable ?
Il est en cours de développement, avec un focus initial sur la sécurité plutôt que sur la disponibilité immédiate de fonctionnalités. Ce n’est pas encore un outil à déployer en production.
L’authentification Entra ID pour OpenSSH remplace-t-elle les clés SSH classiques ?
Pas dans l’immédiat : c’est une piste explorée par l’équipe, pas une fonctionnalité livrée. Continue de gérer tes clés SSH selon tes procédures actuelles en attendant une annonce plus concrète.
Ce qu’il faut retenir
Cette feuille de route confirme une tendance de fond : PowerShell se modernise sur trois fronts en parallèle — l’expérience développeur au quotidien (PSReadLine, chargement de modules), la gestion d’infrastructure as code multiplateforme (DSC v3), et l’intégration sécurisée avec les assistants IA (serveur MCP). Garde un œil sur les préversions si tu veux anticiper ces changements, mais rien ici ne justifie de bousculer ta feuille de route de production actuelle.

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