Depuis Grafana 13.2, tu n’as plus besoin d’un fichier tnsnames.ora pour connecter une source Oracle : une chaîne au format host:port/service suffit, via la nouvelle méthode Easy Connect Plus. C’est le genre de détail qui ne fait pas la une, mais qui t’évite un vrai point de friction en prod. Cette version, sortie fin septembre 2026, en aligne une bonne dizaine d’autres dans le même esprit : moins de configuration à la main, plus de fonctionnalités passées en disponibilité générale.
Dashboards et requêtes : ce qui passe en GA
Les saved queries (requêtes sauvegardées) sont désormais en disponibilité générale sur Grafana Enterprise et Grafana Cloud. Tu peux les ouvrir directement depuis la palette de commandes (Cmd/Ctrl+K) pour les lancer dans Explore, et surtout les provisionner avec Terraform — ce qui les fait enfin entrer dans ton flux infrastructure-as-code, au lieu de rester un artefact créé à la main dans l’UI.
Trois autres nouveautés GA sur les dashboards :
- L’éditeur de variables de requête a été redessiné : aperçu des valeurs en haut, éditeur à onglets en dessous, pour voir le résultat pendant que tu modifies la requête plutôt qu’après coup.
- Le regroupement multi-sélection permet, en mode édition, de sélectionner plusieurs panneaux à la fois pour les regrouper dans une ligne ou un onglet, sans les glisser un par un.
- L’indication d’auto-layout est plus claire quand glisser le coin d’un panneau n’a visiblement aucun effet — un bug UX mineur mais agaçant, enfin expliqué à l’écran.
Le panneau « View panel » avec barre latérale de contrôles arrive lui en préversion publique seulement : il permet à un utilisateur sans droits d’édition d’ajuster l’affichage d’une visualisation, notamment en découpant une série temporelle en un graphique par série ou par label. Pas encore stable, donc pas pour la prod si tu es sensible aux breaking changes.
Les sources de données qui t’évitent du throttling
Pour qui pilote des dashboards sur beaucoup de ressources Azure, la nouveauté qui compte vraiment est l’API Batch Metrics d’Azure Monitor, passée en GA. Avant, Grafana envoyait une requête de métriques par ressource. Maintenant, les requêtes éligibles sont regroupées en un seul envoi. Résultat concret : moins d’appels à l’API Azure, des dashboards qui chargent plus vite, et surtout moins de risque de passer en throttling sur les tableaux de bord qui interrogent des dizaines de ressources en parallèle. Si une partie de tes dashboards Azure Monitor rame aux heures de pointe, c’est la fonctionnalité à activer en priorité après la mise à jour.
Deux autres sources de données progressent :
- OpenSearch reçoit un sélecteur d’index en GA : bouton « Select index », nombre de documents et santé du cluster affichés par index, recherche par sous-chaîne, jokers ou expression régulière entre slashes.
- BigQuery et Google Cloud Monitoring passent en GA sur Grafana Cloud pour la fédération d’identité de charge de travail (Workload Identity Federation) : plus de fichier de clé de compte de service à gérer, le jeton OIDC de l’utilisateur connecté est échangé contre un jeton Google Cloud à courte durée de vie via le Security Token Service.
Git Sync s’ouvre enfin aux grandes organisations
Jusqu’ici, Git Sync — la synchronisation bidirectionnelle des dashboards et dossiers entre Git et Grafana, qu’on avait couverte à l’arrivée de Grafana 13.1 — ne gérait les webhooks temps réel et l’intégration de pull requests que pour GitHub, et seulement sur certains dépôts publics. La 13.2 corrige ce point sur deux fronts :
- Support de GitHub Enterprise (Server et Cloud) en GA — un vrai déblocage pour les organisations qui n’avaient tout simplement pas accès à Git Sync avant.
- Webhooks GitLab et Bitbucket en GA, avec les mêmes mises à jour en temps réel et la même intégration de pull requests que sur GitHub.
Ajoute à ça la possibilité de définir un auteur de commit personnalisé (« author override ») à partir de la 13.2.0 — sans quoi Grafana utilise par défaut le nom et l’e-mail de l’utilisateur connecté, ce qui peut vite polluer ton historique Git si plusieurs personnes modifient les mêmes dashboards.
Dépannage interne : exporter les traces sans déployer de collector
Dernier ajout notable : l’export des traces internes de Grafana vers un fichier, en GA sur OSS comme sur Enterprise. Tu peux désormais collecter les traces de Grafana lui-même pour du dépannage de performance, sans avoir à déployer un OpenTelemetry Collector ni un backend de tracing dédié juste pour ça — utile si tu veux diagnostiquer un ralentissement ponctuel sans monter toute une stack d’observabilité pour l’occasion. Pour creuser l’interopérabilité OpenTelemetry/Prometheus plus large, on l’avait détaillée dans cet article.
FAQ
Dois-je migrer tout de suite vers la 13.2 ?
Pas dans l’urgence, sauf si tu es bloqué par l’un des points ci-dessus (throttling Azure Monitor, Git Sync sur GitHub Enterprise). Dans tous les cas, passe par le guide de mise à jour officiel avant de toucher à un environnement de production.
Les saved queries sont-elles disponibles en version open source ?
La documentation confirme la disponibilité générale sur Enterprise et Grafana Cloud ; elle ne précise pas le statut pour la version open source, donc vérifie directement sur ton instance avant d’en dépendre.
L’API Batch Metrics d’Azure Monitor fonctionne-t-elle sur toutes mes requêtes ?
Non, seulement sur les requêtes de métriques éligibles au regroupement — pas sur l’ensemble du trafic Azure Monitor généré par tes dashboards.
Ce qu’il faut retenir
Pas de rupture majeure dans cette version, mais une accumulation de frictions résolues : moins d’appels API côté Azure, moins de bricolage côté Oracle, et Git Sync enfin utilisable dans les grandes organisations sous GitHub Enterprise. Si tu avais mis Git Sync de côté faute de support GitHub Enterprise, c’est le bon moment pour retester. Pour le détail complet de chaque changement, le changelog officiel de la 13.2 reste la référence à consulter avant de planifier ta montée de version — et si tu veux revoir d’où vient cette série, notre article sur l’arrivée de Grafana 13 pose les bases.

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