Grafana 13.1 est sorti cet été, et la fonctionnalité qui mérite vraiment ton attention n’est pas un nouveau type de panel. C’est Git Sync, qui transforme enfin tes dashboards en fichiers versionnés comme n’importe quel autre bout de code d’infra — fini le dashboard de prod modifié en direct sans trace.
Git Sync : tes dashboards deviennent du code versionné pour de vrai
Grafana proposait déjà une synchronisation Git basique. La 13.1 comble plusieurs trous pratiques : tu peux désormais importer un fichier JSON de dashboard directement depuis l’interface dans un dossier synchronisé avec Git, sans passer par une ligne de commande. La synchronisation fonctionne aussi au niveau racine du dépôt, sans obliger à passer par un dossier parent conteneur — un détail qui compte si ton dépôt de dashboards est organisé à plat. Les commits peuvent être signés automatiquement, via GPG, SSH ou S/MIME, et marqués « Verified » dans l’historique. Et les fichiers README.md du dépôt s’affichent nativement dans l’interface Grafana, à côté des dashboards qu’ils documentent.
Si plus d’une personne touche à tes dashboards de production, c’est la fonctionnalité qui élimine une classe entière d’incidents bêtes : le fameux dashboard modifié en direct par quelqu’un sans que personne ne le sache, découvert uniquement quand une alerte ne se déclenche plus comme prévu. Avec Git Sync et des commits signés, chaque changement a un auteur, un historique et un diff — exactement ce qu’on attend d’une infra gérée comme du code.
Grafana Assistant : huit nouvelles sources de données interrogeables directement
Sous Grafana Enterprise, l’Assistant est désormais préinstallé nativement, sans passer par un plugin séparé. Sous Grafana OSS, il reste disponible via un plugin à installer à part. Le vrai changement, c’est l’élargissement à huit nouvelles sources de données interrogeables directement depuis l’Assistant : Snowflake, MongoDB, Oracle, Elasticsearch, Dynatrace, Honeycomb, Zabbix et Jira.
L’intérêt concret : pouvoir poser une question qui croise observabilité et données métier sans changer d’outil — par exemple relier un pic de latence constaté dans tes métriques à un ticket Jira ouvert au même moment, ou croiser une alerte Zabbix avec une requête sur une base Oracle, directement dans l’interface Grafana. Ce n’est pas magique : l’Assistant interroge ce qu’on lui donne accès, et la qualité des réponses dépend toujours de la façon dont les sources sont connectées et nommées.
Côté dashboards : ce qui change au quotidien
Au-delà de ces deux chantiers, la 13.1 fait passer en disponibilité générale (GA) une série de fonctionnalités qui traînaient en preview :
- Variables multi-propriétés : une seule variable peut désormais être mappée à plusieurs valeurs à la fois.
- Transformation « Time series to table » : convertit une série temporelle en lignes de tableau avec des champs de tendance calculés.
- Clustering d’annotations : navigation plus lisible quand un dashboard accumule beaucoup d’annotations sur une période.
- Copier/coller les styles de panneaux : dupliquer la mise en forme d’un panel vers un autre sans tout reconfigurer à la main.
- Filtres rapides et regroupement (« Filter and Group by ») sans avoir à configurer de variable de template au préalable.
- Variables à portée de section : une variable peut désormais être limitée à une ligne ou un onglet spécifique du dashboard, plutôt que de s’appliquer partout.
Prises une par une, ce sont des améliorations mineures. Prises ensemble, elles réduisent le nombre de dashboards qu’il faut reconstruire à la main après un changement de structure — ce qui, sur un parc de dashboards qui grossit depuis des années, finit par représenter un vrai gain de temps.
Private Data Source Connect : MQTT, GitHub et IBM Db2 ajoutés
Pour les sources de données hébergées sur site, Private Data Source Connect (PDC) permet d’établir un tunnel sécurisé sans ouvrir de port entrant sur le pare-feu. La 13.1 étend la liste des sources compatibles avec MQTT, GitHub et IBM Db2 — utile si une partie de ton infra d’observabilité reste on-prem pendant que Grafana lui-même tourne dans le cloud.
FAQ
La mise à jour depuis Grafana 13.0 casse-t-elle quelque chose ?
Les notes de version officielles ne signalent pas de changement cassant majeur pour cette mise à jour mineure. Comme pour toute montée de version en production, teste d’abord sur une instance non critique, surtout si tu utilises des dashboards avec des variables ou des transformations personnalisées.
Git Sync remplace-t-il complètement la sauvegarde de dashboards via API ?
Non, ce sont deux approches complémentaires. Git Sync gère le versioning et la collaboration sur les définitions de dashboards ; une sauvegarde applicative classique (configuration des datasources, permissions, plugins installés) reste nécessaire pour une reprise après incident complète.
Le clustering d’annotations change-t-il le comportement existant ?
C’est une fonctionnalité passée en GA après une période de preview — elle était déjà testable, elle devient maintenant stable et recommandée en production. Si tu l’avais déjà activée en preview, le comportement ne devrait pas changer radicalement.
Pour commencer
Pas besoin de tout basculer d’un coup. Le plus simple pour se faire une idée concrète : choisir un seul dossier de dashboards, le synchroniser avec un dépôt Git existant, et observer comment l’équipe s’approprie le flux de commits avant de généraliser. Les détails techniques complets sont dans l’annonce officielle de la version 13.1 et la documentation dédiée à Git Sync. Et si tu veux remettre à plat ta stack d’observabilité dans son ensemble avant d’ajouter une brique de plus, notre tour d’horizon de Grafana 13, Prometheus 3 et OpenTelemetry reste un bon point de départ.

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