57 % des RSSI mettent en moyenne plus de 4,5 jours à restaurer complètement leurs opérations après une cyberattaque, et aucun ne descend sous 24 heures. C’est le chiffre qu’avance Commvault — tiré d’une enquête d’Absolute Security auprès de 750 RSSI, le rapport « The Resilient CISO » — pour justifier l’extension de Cloud Rewind à Azure, annoncée le 18 août 2026. Le constat derrière ce chiffre : la plupart des plans de reprise ne découvrent qu’ils sont incomplets qu’au moment où on en a vraiment besoin.
Ce que Cloud Rewind fait, que ta sauvegarde classique ne fait pas
Une sauvegarde — la tienne, Veeam, Azure Backup, peu importe — protège des données. Elle ne protège pas la manière dont ces données s’articulent avec le reste : réseau virtuel, groupes de sécurité, identités managées, app settings, dépendances entre services. Après un incident, restaurer les données ne suffit pas si personne ne sait reconstruire l’infrastructure qui tournait autour.
C’est exactement le créneau que vise Cloud Rewind, lancé en octobre 2024 et bâti sur la technologie d’Appranix, une start-up cloud de Boston rachetée par Commvault. Le service découvre en continu les ressources cloud, cartographie leurs dépendances, puis orchestre la reconstruction de l’application complète — infrastructure, configuration et dépendances — pas seulement ses données. Tu peux aussi simuler une reprise avant l’incident réel, y compris dans un environnement isolé (air-gapped), ce qui change tout par rapport à un test de restauration classique qu’on fait une fois par an sous contrainte.
Le changement d’échelle du 18 août 2026
L’annonce triple la gamme de ressources Azure couvertes, pour atteindre 62 % des types de ressources que Commvault juge pertinents pour des déploiements d’entreprise. Deux nouveautés accompagnent cet élargissement :
- Protection Groups : les données applicatives et la configuration cloud sont regroupées dans un seul flux de reprise isolé, plutôt que gérées séparément.
- Protection basée sur des politiques : les nouvelles ressources découvertes s’inscrivent automatiquement selon leurs tags, leur région et leur type — et ça fonctionne sur plusieurs clouds depuis un seul workflow, pas uniquement sur Azure.
La couverture Azure élargie reste annoncée « dans les prochains mois » au moment de la publication — à vérifier directement dans ta console Commvault Cloud si tu es déjà client, la bascule peut très bien être en cours au moment où tu lis ces lignes.
Est-ce que ça remplace ce que tu as déjà en place ?
Non, et ce serait une erreur de le présenter comme ça. Si tu appliques déjà la règle 3-2-1-1-0 ou que tu utilises Veeam Data Cloud Vault pour l’immuabilité de tes sauvegardes Azure, Cloud Rewind ne remplace rien de tout ça : il vient en complément, sur la couche qui manque systématiquement dans les plans de PRA — la capacité à reconstruire l’environnement autour de la donnée, pas seulement la donnée elle-même. Même logique côté immuabilité Azure Backup : l’immuabilité protège contre la suppression ou le chiffrement de ta sauvegarde, pas contre l’absence de plan pour redéployer l’infra qui l’entoure.
Le modèle commercial suit cette logique de complément : Cloud Rewind est un module add-on de Commvault Cloud, facturé à l’usage selon le nombre de ressources cloud protégées — pas un forfait global qui remplacerait ta licence de sauvegarde existante.
Le contexte Microsoft derrière l’annonce
Commvault et Microsoft ont signé en juin 2026 un accord pluriannuel pour proposer la technologie de reprise de Commvault comme service Azure natif. Vu sous cet angle, l’extension de couverture d’août n’est pas un coup isolé : c’est une étape dans un rapprochement plus large entre les deux éditeurs, qui doit encore se traduire par une intégration plus profonde dans les mois qui viennent. Melinda Marks, analyste chez Omdia, résume le problème que ça cherche à adresser : beaucoup d’organisations découvrent que leur plan de reprise est incomplet « seulement après qu’un incident s’est produit ».
FAQ
Cloud Rewind remplace-t-il mon outil de sauvegarde ?
Non. Il protège la reconstruction de l’application (infra, configuration, dépendances), pas les données elles-mêmes — qui restent la responsabilité de ton outil de sauvegarde.
Quelles ressources Azure exactement sont couvertes ?
Commvault ne publie pas la liste détaillée des types de ressources, seulement le chiffre global de 62 % des types jugés pertinents pour l’entreprise. Si cette granularité est bloquante pour ta décision, il faut la demander directement à ton contact Commvault.
Qui est derrière la technologie ?
Appranix, une start-up cloud de Boston rachetée par Commvault en avril 2024, avant le lancement de Cloud Rewind en octobre de la même année.
Ce qu’il faut retenir
Teste ta reprise avant d’en avoir besoin : c’est le vrai message derrière cette annonce, bien plus que la fonctionnalité elle-même. Que tu passes par Cloud Rewind ou par un run book maison, la question à te poser est la même — si ton datacenter virtuel disparaît ce soir, qui sait reconstruire le réseau, les identités et les dépendances autour de tes sauvegardes, et en combien de temps ? Si la réponse n’est pas satisfaisante, c’est le bon moment pour relire ta stratégie de PRA plutôt que d’attendre le prochain incident pour le découvrir.

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